Conservation archéologique : Techniques spécialisées et recherches relatives aux objets gorgés d'eau

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Bulletin de l'ICC, nº23, juin 1999

Conservation archéologique : Techniques spécialisées et recherches relatives aux objets gorgés d'eau

un compte rendu de Kate Singley, d'Atlanta (Géorgie)

Figure 1

Kate Singley en compagnie de scientifiques en conservation de l'ICC - David Grattan (g.) et Malcolm Bliz (d.) - examinent des échantillons de bois gorgées d'eau.

Du 2 au 5 novembre 1998 se tenait à l'Institut canadien de conservation, situé à Ottawa, un atelier de perfectionnement professionnel, conçu pour accroître les capacités et le niveau de confiance des restaurateurs aux prises avec des artefacts archéologiques. Les vingt-deux restaurateurs, étudiants et techniciens qui y participaient venaient non seulement du Canada et des États-Unis, notamment de Vancouver, Hull, Boston et Eugene, mais aussi de villes beaucoup plus éloignées comme Le Caire, Mexico et Reykjavík.

Nous n'avons pas été déçus. Le programme était extrêmement chargé. Premier jour : xylochimie et identification ainsi qu'un aperçu des traitements du bois qui existent actuellement dans le monde. Deuxième jour : explication, étape par étape, équation par équation de PEGCON, qui n'est maintenant plus un mystère pour au moins vingt et un d'entre nous. Troisième jour : fer et matériaux composites. Quatrième jour : grande variété de textiles, d'objets en vannerie, de fanons, de caoutchoucs et de cuirs. Chaque jour, nous exécutions des travaux de laboratoire fort utiles liés à la matière enseignée. Novice ou expert, chacun y trouvait son compte. On nous a donné des conseils précieux qui font toute la différence lorsqu'il s'agit d'identifier au microscope une essence de bois, de déterminer le degré d'humidité ou de photographier des surfaces humides. Nous avons aussi abordé les méthodes de calcul de la concentration de PEG pendant un trempage par étapes, ainsi que le vaste choix de papiers pH et de pH-mètres. Même si, sur place, nous disposions de l'équipement et du matériel les plus sophistiqués, le cours mettait l'accent sur les approches simples et sûres, reposant sur une technologie de base. Dans le cadre des travaux pratiques, nous avons aussi visité les laboratoires de conservation de Parcs Canada, situés à proximité de l'Institut.

Quant aux membres du personnel enseignant de l'ICC (notamment Cliff Cook, Malcolm Biltz, David Grattan, Nancy Binnie, Greg Young et Tara Grant), je n'ai que des éloges à leur adresser : ils étaient très accessibles et d'une grande gentillesse. Pour bon nombre d'entre nous, c'était enfin l'occasion d'associer les visages aux noms figurant sur de nombreuses publications. De plus, les participants de l'atelier étaient mis à contribution de façon informelle lors des déjeuners de travail. Notre groupe s'est penché sur divers sujets : les difficultés de séchage dans le cas de céramiques gorgées d'eau, la ré-évaluation du cuir humide traité à l'huile de ricin et une étude de cas consistant à documenter et à traiter un parc à boulets de construction mixte.

Je crois qu'il est important de souligner le travail considérable accompli par Judy Logan pour mettre sur pied ce cours. Les documents distribués étaient à eux seuls une mine d'information : un gros cahier à anneaux, rempli de notes de cours, de graphiques, de fiches techniques de fabricants et d'articles de l'IIC-GC. Des cours comme celui-ci nous aident à uniformiser nos techniques et nous encouragent à échanger de l'information. L'atelier était particulièrement utile pour ceux qui sont géographiquement isolés, mal compris professionnellement par leurs collègues, trop pauvres ou trop occupés pour aller à chacune des réunions du Comité des matériaux organiques et archéologiques gorgés d'eau (WOAM), ou encore peu sûrs de leurs techniques.

Il y avait énormément de matière à couvrir en quatre jours. On n'a peut-être pas prévu suffisamment de temps pour permettre aux participants de vraiment bien assimiler cette matière et d'utiliser la bibliothèque et les terminaux de recherche en ligne de l'ICC. Le cours portait essentiellement sur le bois, laissant peu de temps pour les matières organiques plus exotiques et plus problématiques.

L'atelier a suscité beaucoup d'intérêt, et l'ICC prévoit l'offrir à nouveau en avril 1999 et au besoin par la suite. Les frais d'inscription peuvent sembler élevés, mais je puis vous assurer que c'est de l'argent bien dépensé. Le café et les croissants le matin et le repas du midi étaient inclus. Le personnel de l'ICC assurait le service de navette entre l'hôtel et l'Institut et pouvait recommander d'autres types d'hébergement à ceux qui avaient un petit budget.

Voici donc mes recommandations : inscrivez-vous à cet atelier, vous ne le regretterez pas. Commencez dès maintenant à prendre des suppléments de plantes médicinales qui ont la vertu d'augmenter la mémoire. N'oubliez pas d'apporter des vêtements chauds. Et ne manquez pas d'aller vous reposer à la bibliothèque de l'Institut!