L'ICC travaille sur le terrain

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Bulletin de l'ICC, nº 29, juin 2002

L'ICC travaille sur le terrain

Carol MacIvor, conseillère principale en communications, Services d'information et marketing

Tom Buckley (garde de parc, Parc marin national Fathom Five) mesure les conditions sur le site d'une épave d'un petit remorqueur à vapeur, le Alice G.

Tom Buckley (garde de parc, Parc marin national Fathom Five) mesure les conditions sur le site d'une épave d'un petit remorqueur à vapeur, le Alice G.

Les employés de l'ICC travaillent non seulement en laboratoire, mais aussi sur le terrain.

En 2001, Nancy Binnie, scientifique en conservation à l'ICC, a pris part à trois visites sur le terrain dans le cadre de la gestion des ressources dans les sites archéologiques sous-marins. Plongeuse autonome accomplie, Nancy a participé à des programmes de surveillance visant à constater la détérioration à long terme sur place, et à chercher des façons de stabiliser les sites où des épaves ont été mises à jour. Parmi les options possibles, on a envisagé la technique courante qui consiste à enterrer de nouveau les artefacts et les sites menacés.

La première visite a eu lieu à la forteresse de Louisbourg. Conjointement avec le Service d'archéologie subaquatique de Parcs Canada, des travaux de surveillance ont été effectués sur les vestiges de deux vaisseaux de guerre français (le Prudent et le Célèbre) qui ont été coulés lorsque la forteresse de Louisbourg a été assiégée pour la dernière fois, en 1758. La plongée récréative est restreinte dans le port de Louisbourg, par conséquent, les épaves dans ce secteur n'ont pas été dépouillées des artefacts (contrairement aux sites à l'extérieur des limites du port où la chasse aux trésors est permise aux termes des lois de la Nouvelle-Écosse). Il est possible de s'adonner à la plongée dans le port de Louisbourg, à la condition d'être accompagné par un guide autorisé et de se plier à des exigences rigoureuses pour s'assurer qu'il n'y aura aucune incidence sur le site. Dans le cadre du programme, des artefacts et des structures ont été évalués pour repérer les objets déplacés ou endommagés et constater l'état des couches de corrosion ou de dépôts sur les canons et le taux d'érosion du bois d'œuvre exposé. Deux archéologues sous-marins du Service national des parcs des États-Unis ont collaboré aux travaux. Ils participaient à un échange entre professionnels avec des employés de Parcs Canada qui se sont rendus sur le site du USS Arizona à Pearl Harbour, au début de 2001.

La deuxième visite sur le terrain a été effectuée au parc national de la Péninsule-Bruce et au parc marin national Fathom Five situés à Tobermory, en Ontario. Les chercheurs ont mesuré la vitesse de corrosion de l'acier dans six stations d'essais sous-marins. Ce travail faisait partie d'un projet continu visant à compléter le programme de surveillance des épaves du parc marin dans le cadre duquel un bon nombre d'épaves à valeur historique sont examinées chaque année afin de déceler tous les changements qui surviennent dans les structures en bois d'œuvre et dans certains artefacts (des changements indiquent une déstabilisation des sites). La connaissance des vitesses de corrosion à long terme et des facteurs qui déstabilisent les pièces en métal ou en bois permet d'estimer la période pendant laquelle les épaves intactes pourront être vues par les milliers de plongeurs chaque année. Les travailleurs ont dû récupérer des échantillons d'acier pour les analyser en laboratoire, réparer un porte-échantillon endommagé, prendre des photos et aider aux évaluations du programme de surveillance du parc marin. Les deux stations d'essais de corrosion les plus anciennes existent depuis cinq et sept ans et des échantillons ont été prélevés presque chaque année. Les quatre stations plus petites ont été installées en 1999 et les travaux de récupération et d'analyse ne commenceront pas avant 2004.

Une troisième visite a été organisée au lieu historique national (LHN) de Restigouche situé en Gaspésie, près du Nouveau-Brunswick. Cette fois encore, c'est en collaboration avec le Service d'archéologie subaquatique de Parcs Canada que les travaux de surveillance ont été effectués sur deux canonnières françaises, le Machault et le Bienfaisant, coulés dans la rivière Restigouche, en 1760, lors de la guerre de Sept Ans. Lors de fouilles effectuées entre 1969 et 1972 sur le site du Machault, Parcs Canada a récupéré de nombreux artefacts et une large section du navire qu'il a préservés. Un grand nombre d'artefacts sont exposés au centre des visiteurs du LHN de Restigouche, et une collection exceptionnelle d'objets en céramique provenant du Machault a été mise en exposition à la forteresse de Louisbourg. Jusqu'à maintenant, il n'y a jamais eu de fouilles ou de surveillance sur le site du Bienfaisant.

Le principal objectif de la visite consistait à situer les deux épaves et à trouver la meilleure façon de stabiliser les sédiments qui couvrent ou qui exposent périodiquement les structures et les artefacts. Des travaux de surveillance ont été poursuivis aussi sur d'autres navires sabordés qui ont été retrouvés grâce à la recherche historique. Des spécimens d'organismes marins dont des algues, ont été prélevés sur le bois d'œuvre et ainsi que des échantillons d'eau. Une analyse sera effectuée et les résultats serviront à définir les conditions de préservation et les risques à long terme de la biodétérioration.

Les travaux ont été gênés par de forts courants, une mauvaise visibilité dans les eaux intertidales peu profondes et riches en sédiments, ainsi que par les billes de bois, les arbres et divers débris qui jonchaient le lit de la rivière. Malgré ces complications, le site du Machault a pu être localisé facilement, même si la couche sédimentaire était plus épaisse que celle observée lors d'une visite deux ans plus tôt. Cependant, après trois jours de recherche, le Bienfaisant est demeuré introuvable sans que nous puissions savoir exactement pourquoi. Peut-être avons-nous cherché au mauvais endroit. Après tout, les méthodes modernes comme le système mondial de localisation (GPS) n'existaient pas dans les années 1970 lorsque le site a été découvert pour la première fois. Il se peut aussi qu'ayant subi de grands changements, le profil du lit de la rivière cache désormais l'emplacement de l'épave.

L'ICC est heureux d'offrir une gamme étendue de services et le travail sur le terrain est un aspect primordial de l'engagement professionnel de l'Institut envers la préservation du patrimoine. Pour obtenir plus d'information, veuillez prendre contact avec l'ICC :

Service à la clientèle
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