Alicia Prata prend sa retraite

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Bulletin de l'ICC, nº 29, juin 2002

Alicia Prata prend sa retraite

Vicki Davis, bibliothécaire documentaliste, Services de bibliothèque de l'ICC

Alicia Prata

Le 16 janvier 2002, Alicia Prata a pris sa retraite après avoir dirigé les Services de bibliothèque de l'ICC pendant 14 ans. Sous la conduite d'Alicia, la succursale est devenue une bibliothèque plus importante, autonome et entièrement fonctionnelle. Elle a été également le maître d'œuvre de la conversion du catalogue sur fiches et des autres systèmes manuels en un milieu presque entièrement informatisé.

Native de Hong Kong, Alicia détient un diplôme en sciences de la terre de l'Université de Hong Kong. Après avoir obtenu un brevet d'enseignement, elle a été professeur de géographie au niveau secondaire pendant deux ans.

À la recherche d'un changement professionnel, Alicia a entrepris des études en bibliothéconomie à l'Université de Californie (Berkeley) et obtenu une maîtrise en 1966. Elle a d'abord été catalogueur dans les domaines des sciences politiques et de l'enseignement dans les bibliothèques de l'Université Stanford. En 1970, le climat ne lui convenant plus, elle a accepté un poste de catalogueur des collections et périodiques dans les bibliothèques des facultés des sciences et de génie du Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Boston. « J'étais lasse du ciel bleu, j'avais envie de voir de la neige », raconte-t-elle.

Au moment de leur retraite en 1973, les parents d'Alicia sont venus vivre au Canada. Afin de venir les rejoindre, elle est devenue chef des Collections et périodiques à l'Université de Winnipeg. Le climat rigoureux de Winnipeg a eu finalement raison d'elle et, en 1978, elle a quitté ses amis pour déménager à Ottawa où elle a décroché un emploi comme chef des Services techniques de la Commission géologique du Canada.

En 1980, elle a été promue à la direction des Services techniques des Musées nationaux du Canada (MNC). Les MNC regroupaient cinq directions générales dont l'Institut. Lorsque les MNC ont été dissous en octobre 1987, les bibliothèques ont été réparties entre les musées et deux organismes nationaux, l'ICC et le Réseau canadien d'information sur le patrimoine (RCIP). Le personnel a été affecté à ces organismes.

Alicia décide de joindre les rangs de l'ICC. « Je connaissais un peu l'Institut, j'aimais l'atmosphère décontractée et je préférais travailler au sein d'une petite équipe de recherche. Je savais que les ressources représentaient un problème, mais j'ai choisi de mener cette bataille. »

Les défis ont été nombreux pendant la période de mise en train de la bibliothèque de l'ICC. À l'arrivée d'Alicia, la bibliothèque était cachée dans un petit local, au premier étage, et ne comptait que deux employés à temps partiel, Vicki Davis (bibliothécaire documentaliste) et Maureen Clark (bibliotechnicienne). Peu après, l'ICC a négocié et obtenu la garde de la collection muséale des bibliothèques des MNC, et Alicia a dû déménager la bibliothèque dans un local plus spacieux, au rez-de-chaussée, et intégrer les collections muséale et de conservation.

Même si la bibliothèque de l'ICC pouvait compter sur des services administratifs centralisés pour faire l'acquisition de livres, de collections et s'occuper du catalogage, elle a choisi de devenir autonome plutôt que de devenir une succursale de la bibliothèque du ministère des Communications. Puisque personne n'était chargé du catalogage et des acquisitions, pendant les huit années qui ont suivi, Alicia a embauché des employés contractuels et finalement du personnel pour une période déterminée. Il a fallu attendre jusqu'en 1995 pour que les deux postes soient dotés en permanence. « J'ai dû me démener constamment pour former de nouveaux employés, » reconnaît Alicia.

Alicia explique ce qui suit lorsqu'elle songe à sa carrière : « Je considère que ma plus grande réussite a été la transformation d'une succursale en une bibliothèque autonome ». Par ailleurs, l'automatisation des systèmes manuels a été importante. En 1999, de concert avec Raymond Lafontaine, directeur, Services d'information et Marketing, elle a intégré le catalogue de la bibliothèque au site Web de l'ICC qui connaît beaucoup de succès auprès des utilisateurs externes.

Alicia considère que l'augmentation considérable des ressources consenties à la bibliothèque de l'ICC pour soutenir la collection muséale a été l'un des moments les plus passionnants de sa carrière au début des années 1990. Les fonds obtenus grâce à la nouvelle politique muséale ont permis à Alicia de concevoir la base de données bibliographiques sur la muséologie qui avait été prévue par les MNC. Pour élaborer la base de données BMUSE, Alicia a d'abord collaboré avec le RCIP et, finalement, avec le Centre d'information du Conseil international des musées (ICOM) et la Direction des Musées de France. La base de données BMUSE répertorie des livres et des revues muséologiques, en anglais et en français, pour la plupart. Cette base de données est accessible par l'intermédiaire du RCIP (http://www.rcip.gc.ca) depuis 1994.

Alicia a apprécié son emploi à l'ICC, surtout en raison de son personnel. « J'ai eu la chance de terminer ma carrière en compagnie d'employés qui m'ont choyé. Nous nous respections mutuellement ». Elle a aussi trouvé très valorisant la possibilité d'en apprendre davantage sur la conservation et de parler aux employés de leurs projets. « Ces personnes sont talentueuses et dévouées ».

Alicia prévoit prendre sa retraite à Vancouver. La neige lui semble moins invitante après avoir habité à Ottawa pendant 23 ans. Désormais, elle a envie d'explorer la côte et les montagnes de la Colombie-Britannique, d'aller voir ses amis et les membres de sa famille qui sont éparpillés dans huit pays et d'enseigner bénévolement aux enfants. Il se pourrait même qu'elle retourne sur la scène des bibliothèques universitaires. Elle explique ceci : « Vous enseignez dans une bibliothèque universitaire, tandis que vous offrez des services dans les bibliothèques spéciales comme celle de l'ICC et je préfère l'enseignement ». Alicia continuera à s'adonner à la photographie d'amateur, son passe-temps depuis 40 ans, et elle espère se rendre en Namibie pour y photographier des dunes.

Votre sourire, votre calme et votre bon sens vont nous manquer, mais nous vous souhaitons de bien belles aventures Alicia!