En vitrine : Restauration des fauteuils des juges de la Cour suprême
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Bulletin de l'ICC, no 31, juin 2003
En vitrine : Restauration des fauteuils des juges de la Cour suprême
par James Hay, restaurateur principal, Division du traitement et du développement - meubles et arts décoratifs

L'ICC a participé à l'analyse des options possibles pour les fauteuils et les bureaux des juges de la Cour suprême du Canada.
Ernest Cormier, un des architectes les plus renommés du Canada, a non seulement créé le bâtiment de la Cour suprême du Canada, mais on lui doit également l'intérieur majestueux de l'édifice. Il a lui-même conçu et prescrit l'éclairage, les planchers, les murs et tout l'ameublement. Le style Art Déco de l'édifice et des meubles, la richesse des matériaux et la finition de premier ordre dans tous les détails continuent d'impressionner les visiteurs.
Cormier a cependant eu la main moins heureuse dans la conception des fauteuils des juges de la Cour suprême. Bien que très beaux à regarder, les fauteuils étaient suprêmement inconfortables. Même si, comme l'affirmait Lloyd George, la valeur d'un juge se mesure par ce qu'il a au-dessus des épaules, il n'en demeure pas moins que la stature des différents juges au fil du temps a varié entre 1,5 m (5 pi) à près de 2 m (6,5 pi). Les fauteuils avaient été conçus pour des personnes mesurant 2,15 m (7 pi). Pas étonnant qu'ils aient été jugés particulièrement incommodes! À l'heure actuelle, chacun des juges utilise un dossier orthopédique Obus pour minimiser l'inconfort des fauteuils. Des tentatives entreprises par le passé pour répondre aux besoins ergonomiques des juges ont conduit à l'amputation sauvage des pieds des fauteuils d'origine qui ont alors été remplacés par des bases pivotantes typiques des fauteuils de bureau. Était-il possible de rendre ces fauteuils plus confortables tout en préservant leur valeur patrimoniale, ou allait-il falloir les remplacer?
Un projet conjoint a été mis sur pied et dirigé dans le cadre du Programme pour la conservation du patrimoine de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, avec pour objectif d'explorer et d'élaborer des options possibles pour répondre aux besoins des juges. En bout de ligne, il a été possible de préserver les fauteuils et d'apporter des modifications réversibles. On a pu répondre aux besoins de fonctionnalité exprimés par les juges tout en conservant la valeur patrimoniale des fauteuils.
Les vieilles bases de type araignée des années 1970 ont été enlevées et les pattes ont été restaurées selon les plans originaux de Cormier. Les fauteuils ont également été recouverts de cuir rouge, teint spécialement pour être identique aux échantillons de matériau d'origine perdu lors des modifications apportées en 1970. La solution miracle a été de fournir à chaque juge un support dorsal ergonomiquement adapté, dans un choix de trois grandeurs, assujetti au moyen d'un dispositif de fixation rapide installé dans les trous existants qui convient à leur taille.
Les juges garderont sans doute l'expression sévère et sérieuse qu'il leur est propre, mais elle ne sera plus due à l'inconfort des fauteuils!