Après-midi mémorable en compagnie de Eva et Ursus Dix

Information archivée dans le Web

Information identifiée comme étant archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’a pas été modifiée ni mise à jour depuis la date de son archivage. Les pages Web qui sont archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes applicables au Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez la demander sous d’autres formes. Ses coordonnées figurent à la page « Contactez-nous »

Bulletin de l'ICC, n0 31, juin 2003

Après-midi mémorable en compagnie de Eva et Ursus Dix

par Peter1 et Gisela Vogel

Le tableau avant et après traitement.

Ursus Dix (centre) et Eva en compagnie d'amis.

En août 2001, nous étions de passage chez des amis à Cannes et nous avons eu la chance de rendre visite à Ursus et à sa femme Eva, un après-midi d'été, à leur maison de Jonquières, petit hameau de Provence à une trentaine de minutes d'Avignon.

La route nous a fait traverser le pays de Cézanne et de van Gogh et nous sommes passés devant le Mont Sainte-Victoire, très facile à reconnaître. Des champs de tournesols s'étendaient à perte de vue et nous sommes arrivés à Orange en peu de temps. Une porte taillée dans un mur de pierre le long d'une route bordée de peupliers était grande ouverte; nous sommes entrés et nous avons garé la voiture. Comme on ne pouvait apercevoir aucune maison, on ne savait pas trop si on était au bon endroit. Cela n'avait aucune importance puisque le lieu était tellement agréable; entourés de verdure, dans l'allée de gravier qui serpentait, l'ombre que jetait de vieux arbres vénérables (surtout des châtaigniers et des oliviers) donnait de la fraîcheur. Tout était parfaitement immobile. Puis nous avons aperçu Ursus qui venait nous accueillir. Il nous a conduit le long du chemin sinueux jusqu'à Eva qui attendait à la porte.

Nous ne nous étions pas vus depuis très longtemps. Ursus et Eva n'avaient pas changés, ils étaient restés les mêmes, mais nous avons tout de suite remarqué à quel point ils s'étaient adaptés très bien à leur nouveau milieu. Pour entrer dans la maison, nous sommes passés par une porte entourée de plants de vigne chargés de fruits. C'était une charmante maison – qui était à l'origine une étable jouxtée d'une écurie – typiquement provençale. On avait fait des rénovations et ajouté des annexes discrètement. Les pièces étaient magnifiquement meublées et bien conçues, les plafonds très élevés, les lambris superbes. À l'intérieur, tout était calme et frais – un lieu confortable, qui convenait parfaitement aux magnifiques œuvres d'art qu'elle abritait. L'expérience était encore plus riche parce que nous savions que dans cet endroit, un fils s'occupait de l'œuvre de son père et lui rendait hommage.

On nous a servi des rafraîchissements dehors sur la terrasse, à l'ombre des arbres qui nous protégeaient d'un chaud soleil d'après-midi. On a passé un moment agréable à évoquer les souvenirs du passé, nos familles, nos projets d'avenir, notre vie au Canada et la leur en France. Puis Eva nous a fait découvrir son jardin. Il était à son image et montrait à quel point elle aimait cultiver les fleurs, surtout les roses. C'était aussi un jardin laissé au naturel. Ursus prenait bien soin d'élaguer les nombreux arbres et arbustes tropicaux. On avait l'impression d'entrer dans un lieu d'abondance cultivée, un désordre organisé – le jardin de Monet transposé en Provence. L'air embaumait la lavande.

Il était déjà tard lorsque nous sommes partis en promettant de nous revoir dès que nous en aurions la chance. Nous avons encore présent à la mémoire le souvenir d'Ursus et d'Eva debout à la barrière, agitant la main en guise d'adieu. Ils étaient tout à fait heureux, satisfaits. On aurait dit que rien au monde ne pouvait troubler leur paix.

  1. Peter Vogel est restaurateur principal à la Division du traitement et du développement – section Beaux-arts.