Bien que divers indices révèlent la présence d'insectes dans un musée, c'est tout d'abord par la présence de leurs dépouilles, cocons et excréments qu'on les détecte. Il arrive aussi parfois que les insectes vivants, à divers stades de leur métamorphose, puissent être repérés.
Il y a deux méthodes fondamentales de détection d'une infestation : la détection active, lorsqu'on inspecte les zones et les objets qu'on soupçonne être infestés, et la détection passive, lorsqu'on utilise des pièges pour capturer des insectes ou des rongeurs ou pour révéler leur présence. La détection passive exige, malgré son nom, des rondes d'inspection des pièges, afin de constater les résultats et d'assurer un suivi au problème d'infestation.
Il faut inspecter tous les mois les réserves, les lieux d'exposition et les vitrines où se trouvent les objets afin de vérifier s'ils sont infestés étant donné qu'il faut environ un mois à de nombreux insectes pour passer d'un stade de la métamorphose au suivant. Si cela n'est pas possible, on doit faire des inspections complètes de l'édifice au moins deux fois l'an, au printemps et à l'automne. Dans le cas des musées saisonniers, ces inspections coïncident avec leur ouverture et leur fermeture. Il faut encourager le personnel à rapporter en tout temps la présence de signes d'infestation. Lorsque l'inspection se fait dans des lieux particulièrement sales ou poussiéreux, et surtout s'il y a présence de moisissures ou de matières fécales, il faut porter un masque antipoussières bien ajusté au visage et conçu pour filtrer, à tout le moins, les poussières inhalables.
Les signes d'infestation par les insectes sont, entre autres : la présence d'insectes morts ou vivants, à différents stades de leur développement; la présence d'ailes, de cocons, de mues, etc.; des dommages sur l'objet ou sur l'édifice; la perte de poils et de fibres; des plumes et des piquants rognés, des peaux trouées, des tissus rasés en surface, ou des trous d'envol sur le bois. Le no 3/1 des Notes de l'ICC intitulé Stratégies de lutte préventive contre les infestations et méthodes de détection donne plus de détails sur les façons de détecter les infestations sur les objets.
La présence de rongeurs est révélée par des matières fécales, des traces d'urine, des trous et des rognures, des marques graisseuses laissées par le poil de l'animal, des nids et des dépouilles.
Méthode d'inspectionLa liste suivante énumère en détails les éléments d'un édifice à inspecter; elle permet de se concentrer sur les endroits où on retrouve, en général, des conditions propices aux insectes, aux rongeurs et aux oiseaux. Une fois l'inspection terminée, il faut prendre les mesures nécessaires pour remédier aux problèmes notés.
Autour de l'édifice, il devrait y avoir un périmètre sanitaire empêchant la pousse des plantes et la nidification des rongeurs le long des murs. Vérifier les jardinières de fenêtre, les pots de fleurs et les plates-bandes.
Les gouttières et les descentes pluviales devraient se vider à deux mètres de l'édifice. Le terrain devrait descendre en pente en s'éloignant des fondations de l'édifice. Prévenir la formation de flaques d'eau sur le terrain.
Prendre note des endroits abîmés ou endommagés sur les murs, les solins, le toit ou du moins la partie visible du toit.
Enlever les nids de mammifères, d'oiseaux et d'insectes sur l'édifice ou à proximité.
Prendre note des accumulations d'insectes dans les boîtiers des lumières extérieures ou à proximité et les éliminer.
Prendre note des signes de négligence en ce qui concerne l'élimination des déchets. Noter s'il y a amoncellement de rebuts, de feuilles ou de matériaux de construction, etc.
Vérifier si les compacteurs, les bennes à déchets, les contenants à déchets et les bacs à compost sont à l'épreuve des rongeurs.
Vérifier si les souches ou les clôtures de bois à proximité du musée sont pourris. Le bois pourri est l'habitat de prédilection de plusieurs espèces d'insectes (scolytes, fourmis charpentières et termites).
Prendre note des fissures. Les insectes peuvent pénétrer dans les fondations de l'édifice et sous les socles de béton par des fissures de 0,5 mm, et les rongeurs, par des fissures de 6 mm.
Faire réparer les moustiquaires et les treillis brisés le long des perrons, des porches et des marches.
À l'extérieur, inspecter les puisards, les canalisations, les égouts et les fossés.
Vérifier si les portes et les fenêtres sont bien calfeutrés. Vérifier si le seuil des portes qui donnent sur l'extérieur est calfeutré.
Inspecter les édifices connexes de la même façon que l'édifice principal.
a) Sous-sol
Vérifier s'il y a des signes de présence d'insectes ou de rongeurs aux endroits suivants :
b) Rez-de-chaussée et étages supérieurs
Inspecter les endroits suivants :
c) Grenier
Inspecter les endroits suivants :
d) Toit
Vérifier :
Les outils utilisés pour entretenir un édifice risquent fortement de devenir des sources d'infestation. Les pièges à insectes et à rongeurs peuvent également devenir des sources d'infestation par des insectes.
Inspecter les vadrouilles, les balais, les plumeaux, les linges, les poubelles, les cendriers, les placards d'entretien ménager et le local où se trouve le sac de l'aspirateur central. Jeter régulièrement les sacs d'aspirateur même s'ils ne sont pas pleins.
Inspecter tous les pièges (p. ex. adhésifs, lumineux et électrocuteurs) pour y déceler des signes de la présence de dermestres. Vérifier si les appâts des pièges à rongeurs sont contaminés par la présence d'insectes. Vérifier s'il y a des insectes dans les toiles d'araignées.
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Rédigé par : Thomas J.K. Strang
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Texte également publié en version anglaise
Copies are also available in English.
© Patrimoine canadien, 1996
No de cat. : NM95-57/3-2-1996F
ISSN 1191-7237
